J'ai plusieurs motifs de grogne Ă  proposer aujourd'hui, l'un d'entre eux est quand mĂŞme celui qui nous touche plus, vous allez comprendre.

Le premier, c'est qu'hier, j'ai vu la pub du CrĂ©dit Mutuel pour leur grande campagne de sondage auprès des français : Si j'Ă©tais banquier... Une bonne idĂ©e Ă  la base, mais ils ferment la porte Ă  de trop nombreuses personnes par un site en flash, tout ça parce qu'une agence de communication a dĂ» leur dire que ce serait plus beau qu'un bon vieux site web accessible Ă  tout le monde, mais donc sans fioritures ni animations ! Encore un bel exemple de gens qui se laissent embobiner, ou pire, qui le font volontairement en oubliant (je l'espère sans s'en rendre compte) une bonne partie de la population, car mine de rien les mal voyants et aveugles sont nombreux sur Internet et ils sont tout autant concernĂ©s par des histoires de banque que nous. Ceci Ă©tant, je trouve l'idĂ©e utile, s'ils en font quelque chose derrière, ce que nous saurons dans quelques mois.

L'autre sujet d'énervement, et là, c'est grave, c'est en rapport avec le sexe.

Oui, j'en reviens donc à une tranche de ma vie ou plus précisément ma fin de journée d'hier. Comme je le disais, pour ce week-end pourri, prémices d'une semaine hivernale, j'ai fait un tour dans un sauna de la capitale, histoire d'être au chaud et éventuellement de baiser avec quelques inconnus, ce qui peut avoir parfois son charme et ses inconvénients.

J'ai donc passé l'après-midi et la soirée à me prélasser entre piscine, sauna et hammam, tout en passant de temps en temps sous les douches, histoire de retrouver une température normale et de virer cette odeur de chlore ou de javel qui nous suit dès qu'on met les pieds dans l'eau. C'était plutôt agréable et la fréquentation des lieux était également très sympa. Plusieurs mecs mignons m'ont tourné autour tandis que je faisais de même ;)

Jusque lĂ  tout allait bien, mais voilĂ , je me suis isolĂ© dans une cabine avec trois mecs diffĂ©rents au cours de ces heures et je n'ai baisĂ© avec aucun ! PassĂ© les prĂ©liminaires, baisers, caresses, fellations et autres attouchements, ils ont voulu que je les pĂ©nètre ou me pĂ©nĂ©trer sans se prĂ©occuper de l'essentiel duo prĂ©servatif+gel ! Et ça, pour moi, c'est non !

Ca fait belle lurette que j'ai dĂ©cidĂ© d'arrĂŞter de jouer Ă  la roulette russe en faisant tout et n'importe quoi, malgrĂ© quelques accidents de parcours. Le bareback, les pratiques Ă  risque, très peu pour moi. Ces trucs lĂ , c'est bien pour fantasmer devant les films, mais pas dans la vie rĂ©elle !

Ce qui m'inquiète le plus, c'est que ces mecs n'avaient même pas 25 ans (oui, je les aime jeunes, mais majeurs, et alors ?). Je trouve que ça fait vraiment peur que des "gamins" n'enregistrent pas le message concernant le SIDA, la Syphilis et tout un tas d'autres saloperies dangereuses qui trainent encore dans la nature et se choppent justement si on ne se protège pas un minimum.

A une semaine du Sidaction 2007, il me parait utile de rappeler que le SIDA existe toujours et que ce virus aide Ă  tuer une personne toutes les 7 secondes dans le monde. Selon les estimations, il y aurait 40 millions de personnes atteintes par la maladie (combien de porteurs sains en plus ?), dont 150 000 en France. 10% des nouvelles contaminations dĂ©pistĂ©es l'an dernier l'ont Ă©tĂ© chez des jeunes de 15 Ă  24 ans !

On suppose en plus que 50% des personnes touchées par le virus ne le sauraient pas... car ça ne se voit pas et que si on ne fait pas de test une fois de temps en temps, on ne peut pas le deviner jusqu'à ce que les maladies opportunistes se déclarent.

Un peu de calcul s'impose: 150 000 sĂ©ropositifs x 2 (pour les estimations de personnes atteintes sans le savoir), ça fait 300 000 personnes. Nous sommes 66 millions de personnes en France, ça fait donc environ 0,5 % de la population porteuse du virus... 1 personne sur 200 ! C'est Ă  dire 1 personne tous les deux wagons de mĂ©tro ou dans chaque voiture d'un TGV duplex, 1 personne tous les 2 bus parisiens aux heures de pointe, 1 Ă©tudiant par promotion en fac...

Dans les backrooms, sexodromes et saunas gays dont certains accueillent plusieurs centaines de personnes par jour, vous pouvez plus facilement tomber sur le mauvais numéro car nous sommes une population plus touchée que les hétéros.

Il suffit d'une fois avec la mauvaise personne et sans avoir fait gaffe pour mourir lentement et dans la douleur... car les traitements prolongent la vie (quand on les supporte), mais ils ne soignent pas. On ne guĂ©rit pas du SIDA, pas pour le moment et pas avant encore trop longtemps !

Faites attention Ă  vous et aux autres... et la semaine prochaine, si vous avez mĂŞme 15 euros en trop dans votre portefeuille (ce qui est facile : il suffit de ne pas faire un restaurant ou de ne pas boire trois verres en boite de nuit), n'hĂ©sitez pas Ă  faire un don en tĂ©lĂ©phonant au 110 ou sur le site du Sidaction.